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Les problèmes de comportement du chien

chien-probleme-comportementPourquoi le chien présente de plus en plus de problèmes de comportement

Il y a encore quelques décennies le chien n’avait pas cette place qu’il occupe de nos jours dans nos maisons. Il vivait et dormait la plupart du temps dehors dans une niche, mangeait les restes du repas familial (quand il en restait), et son rôle était souvent celui de gardien. Son éducation lorsqu’il en avait une, était basique, basée souvent sur la contrainte.

Il vivait sa vie de chien plus ou moins heureuse à l’écart, sans être réellement intégré dans le noyau familial. De part cet éloignement, il conservait une relative indépendance, et s’il avait des problèmes de comportement, le maître n’y prêtait guère attention, pensant que c’était dans la nature du chien.

De nos jours, le chien est (trop) proche de son maître, il fait partie de la famille, mange et dort dans la maison, a sa place sur le canapé et même souvent dans le lit de ses maîtres. Il arrive à s’adapter vous me direz, mais au prix de souffrances que ne soupçonne pas son maître, d’où ses problèmes de comportement. Malheureusement combien de maîtres en sont réellement conscients.

En l’humanisant, en se comportant avec lui comme avec un enfant roi, en cédant à tous ses caprices, en passant toutes ses bêtises, et en se servant parfois de lui comme d’un pansement affectif, le maître créé inconsciemment une dépendance psychologique et un attachement néfaste au bien-être de l’animal. « Trop d’amour tue l’amour » dit le dicton. Cette proximité poussée à l’extrême fait oublier au maître que son chien est une entité différente, avec ses propres codes, et qu’il devrait impérativement les respecter afin que celui-ci s’épanouisse sereinement à ses cotés.

La méconnaissance de l’animal est le déclencheur des problèmes comportementaux.  Beaucoup de maîtres pensent que surprotéger son maitre-dort-avec-son-chienchien, le faire dormir dans le lit, l’étouffer d’amour suffit à son bonheur. Au contraire, en agissant ainsi, le maître l’infantilise et le rend dépendant. Le chien devient incapable de faire face à certaines situations telle que la séparation, l’interaction avec l’humain ou ses congénères, et même les bruits de la vie courante. Il va se comporter comme un enfant trop gâté, prenant progressivement l’ascendant sur son maître, se donnant la prérogative de gérer la vie de famille… À sa façon il devient un chien « délinquant », refusant toute contrainte et autorité, allant jusqu’à se retourner contre son maître, grognant voire le mordant s’il vient à le contrarier. Le maître n’a pas conscience que son chien souffre de cette situation, il en découle les destructions et les aboiements lorsqu’il se retrouve seul. Les conséquences peuvent être très graves. Désarmé face à cette situation, le maître affirme pourtant lui donner toute son affection et clame même quelquefois que son chien n’est vraiment qu’un « ingrat », pas du tout reconnaissant.

Plusieurs sortes de maîtres : ceux qui subissent et ceux qui réagissent

• Le maître qui pense que cela s’arrangera tout seul

Face à ce type de situation il y a le maître qui va subir et accepter ces comportements, pensant que c’est son chien qui est responsable, mais surtout pas lui dans la mesure ou il le couvre de son amour.  Il est persuadé qu’avec le temps cela va s’améliorer, son chien est juste un peu têtu. Il ne cherche pas à rectifier son attitude du fait que cela ne le dérange pas. Le temps n’arrange jamais un comportement non désiré, bien au contraire, l’âge du chien n’a rien à voir avec ses problèmes, et les années passant la cohabitation se fera sans harmonie avec un chien en souffrance.

• Le maître qui devient violent

Il y a celui qui va changer totalement son attitude envers son chien et va finir par employer  la punition et la force à outrance, pensant que le chien vamaitre-gronde-chien se plier et enfin changer. Il affirmera avoir tout essayé: la gentillesse et la punition, mais rien n’y fait. Ici, également le fossé relationnel va se creuser mais à la différence que le pauvre animal risque de finir dans un refuge. Pendant ce temps, le chien n’a de cesse d’envoyer des messages d’apaisement à son maître, lui montrant sa soumission, son attachement. Il ne comprend plus face a l’incohérence de son maître, ce qu’il attend de lui.

Dans ces deux cas le maître rompt ce lien précieux qu’est la confiance que son chien a en lui. Il  finit par s’éloigner de lui affectivement, le dialogue est totalement rompu.

• Le maître qui pense que les médicaments arrangeront les choses

Il y a celui qui emmène son chien chez le vétérinaire pensant y trouver la solution. Le professionnel en qui le maître fait confiance, prescrit des psychotropes qui vont avoir pour conséquence de voiler le problème sans le guérir. Dans beaucoup de cas, ces médicaments sont peu efficaces et peuvent avoir un effet contraire au résultat escompté. Le vétérinaire est formé pour diagnostiquer une pathologie et y apporter une solution (c’est son rôle), mais il ne sait pas faire face a un comportement non désiré qui ne relève pas d’une pathologie mais de l’attitude du maître. En le faisant, il ne s’occupe pas du bon patient et ne traite qu’une infime partie du problème. Dans ce cas, sa responsabilité serait d’orienter le maître vers un comportementaliste (très peu le font) qui pourra lui apporter l’aide nécessaire. J’ouvre une parenthèse pour préciser qu’il est quand même utile de consulter pour vérifier si effectivement le comportement non désiré n’est pas dû à un problème de santé.

• Le maître qui se raccroche au club canin

Faire appel à un club canin peut paraître judicieux et être la bonne solution pour résoudre la majeur partie des problèmes comportementaux. Pourtant, le club canin n’a pas cette vocation, on ne va pas dans un club avec un chien qui a un problème car cela ne sert a rien. Le chien n’étant pas réceptif, le maître prend même le risque d’amplifier le problème.

maitre-dominantMalheureusement, dans notre pays, bon nombre de clubs me font penser à un centre de redressement où l’on fait venir des maîtres et des chiens « délinquants » de tout âge.  Chacun a un problème bien particulier plus ou moins grave, mais le « gardien éducateur » va les traiter de la même façon, sans tenir compte que chaque chien et maître sont uniques et que chaque problème doit être abordé en cas particulier. De plus, une grande majorité de clubs n’ont toujours pas évolué et travaillent encore avec des méthodes barbares (collier étrangleur, collier électrique, retourner l’animal sur le dos pour qu’il se soumette…), où le chien est contraint de façon brutale, et affirment aux maîtres que ces méthodes aversives sont les seules à employer avec un chien pour le rendre « obéissant ».

Ces gens n’ont pas encore compris qu’il n’y a nul besoin de se montrer dominant et brutal (toujours cette attitude machiste) pour obtenir un chien équilibré et « obéissant ». J’affirme que c’est un signe de faiblesse notoire et une déconsidération totale du chien.

• Le maître conscient des problèmes mais qui ne fait rien

Abordons cette catégorie de maîtres conscients des problèmes que rencontre son chien mais qui n’agit pas pour autant. Ce type de maître réalise qu’il a peut-être commis des erreurs dans son raisonnement, et qu’il pourrait éventuellement être le responsable de la situation. Je rappelle que dans la grande majorité des cas, le problème est dû a une méconnaissance de l’animal, beaucoup de maîtres pensant que l’éducation du chien est très facile et qu’il n’a nul besoin de conseils. Il ne va pas toujours reconnaître ouvertement sa responsabilité à cause d’un un orgueil mal placé, ou de peur de paraître ridicule ou encore d’être mal jugé. Parce qu’il a « loupé » une phase de l’éducation de son chien, il se refusera à demander de l’aide à un spécialiste, choisissant l’option de laisser son chien s’enfoncer dans ses problèmes, en s’accommodant au mieux de cette situation. Le plus souvent ce sont les hommes qui réagissent de la sorte, toujours par machisme.

Le comportementaliste ne peut intervenir tant qu’il n’y a pas une prise de conscience réelle, suivie d’une demande du maître.

• Le maître conscient et qui réagit

Cette dernière catégorie de maîtres est représentée par une très forte majorité de femmes. La « maîtresse » possède cette qualité de savoir se remettre en question face a une situation qui la dépasse, mettant de côté cette fierté mal placée propre au hommes, consciente qu’elle a sûrement commis des erreurs en étant trop protectrice. On ne peut le lui reprocher, c’est l’instinct maternel qui prend le dessus, amplifié devant cette « petite boule de poils » si attendrissante. Elle est donc capable de reconnaître facilement que si son chien a un problème, elle peut en être responsable. Elle souffre réellement de cette situation et veut changer son comportement envers lui avec une priorité (que je retrouve personnellement à chaque consultation) : que ce changement s’opère sans perturber son chien.  D’où l’importance d’opérer en douceur pour arriver au résultat escompté.

Dans ce cas on va pouvoir travailler sérieusement, cerner l’origine du problème, établir un diagnostic et mettre en place des méthodes douces adaptées au chien et au maître afin que chacun retrouve sa place.

Conclusion

Il faut rester conscient que lorsque la cause est trouvée et une fois la méthode mise en place, le changement va prendre du temps. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous avons à faire à un être vivant, et non à une machine dont on change la pièce défectueuse pour qu’elle refonctionne a nouveau. Nous avons également à faire à un maître qui a laissé s’installer de mauvaises habitudes à la période la plus importante de la vie de son chien, il faut donc procéder à une rééducation comportementale en tenant compte de la gravité du problème et de l’âge du chien. Plus on va intervenir de bonne heure, plus la rééducation sera rapide et facile. La disponibilité du maître est également importante, parce que tout dépend de lui : le maître.

Une fois bien intégré tout ces paramètres, il va constater au fil des jours que son changement d’attitude et son engagement envers son chien donne des résultats, celui-ci retrouve confiance en lui, le reconnait comme son leader,  et le dialogue se rétablit.

Je pense que le jeu en vaut la chandelle.  Et vous ?

© Patrick Formoso – Comportementaliste. Formé en éthologie appliquée par  l’EAPAC – Intervient sur le département 31

Auteur de : J’aide mon chiot à rester seul et J’aide mon chien à rester seul

Tél : 05 62 23 82 66 (Vous pouvez laisser un message sur le répondeur si absent)
Port : 06 12 35 72 68
Mail : formoso.patrick@neuf.fr 

 

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