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Déplacement des maux de l’homme à son chien

Audrey MarquetLes chiens, tout comme les hommes, peuvent trouver l’origine de leurs maladies dans leur vécu, leur ressenti, leur environnement. L’environnement que l’humain offre à son animal influencera donc la santé ou la maladie de ce dernier. L’implication de l’homme est déterminante dans l’expression des troubles de son animal familier. Par son comportement et ses maladies, le chien se révèle souvent être le miroir de son maître.

Le rapprochement entre les maîtres et leur chien s’établit spontanément au sein de la famille. Dans cette relation emplie de vérité et d’authenticité, l’homme ne peut se cacher derrière le masque social dont il se sert souvent pour communiquer avec les membres de son espèce. D’une part, l’être humain se laisse souvent beaucoup plus aller avec son animal familier que dans ses relations sociales ; et d’autre part, les modes de communication de nos animaux étant différents des nôtres, ils savent aborder et ressentir de manière très perspicace nos ressentis et sont capable de percevoir, d’éponger, nos sentiments refoulés ou nos pensées cachées

Comment notre chien devient « l’éponge » de nos émotions et frustrations

L’homme, selon son vécu, son histoire et ses ressentis, crée ses maux ; mais quelques

Chien mal-être

Les symptômes du maîtres peuvent se répercuter chez le chien

fois, lorsqu’il établit une relation avec un animal, c’est ce dernier qui va les exprimer. Nous construisons nos relations avec nos animaux dans le but de pallier la satisfaction de nos plaisirs, de nos besoins et de notre narcissisme. Et lorsque notre animal nous aide à gérer nos difficultés, nos échecs, nos frustrations, en épongeant notre stress, il devient le fusible à nos conversions somatiques, notre émonctoire sur lequel nous déversons notre anthropomorphisme, et de ce fait, peut développer des comportements adaptatifs gênants et des psycho-somatisations. L’animal, véritable éponge des ressentis humains, est donc capable de répondre par la maladie aux troubles de son maître. 

Quand les besoins du chien ne sont pas respectés

Le maître augmente également les risques de somatisation de son animal en ne respectant pas ses besoins éthologiques, par ignorance ou tout simplement parce qu’il ne peut agir autrement au vu de son histoire. Par exemple, le manque de clarté au niveau de la hiérarchie, que peut ressentir un chien dans son rapport avec les membres de la famille, ainsi que l’angoisse qu’il éprouvera du fait du non respect de ses besoins, peut être le fruit de l’ignorance du maître des codes canins et des besoins éthologiques de son chien, ou de l’incapacité du maître, à cause de ses propres critères intrinsèques à son vécu, à tenir le rôle de dominant nécessaire à toute bonne relation de l’humain avec un chien. Les animaux ont beaucoup à nous apprendre sur nous-mêmes. Ils sont victimes de notre anthropomorphisme, et de ce fait, sont en conflit avec un milieu humain qui ne les comprend pas toujours, et ne les respecte alors pas en fonction de leurs besoins et des critères relatifs à leur espèce. Ces non-respects génèrent des frustrations chez l’animal, qui devient alors sujet au développement de pathologies psychosomatiques. 

L’animal, dont on qualifie souvent l’intelligence d’inférieure, lorsqu’elle n’a pas tout bonnement été niée, est moins enclin que l’être humain à dévier du chemin de la santé, du moins lorsqu’il vit dans son habitat naturel. En effet, au contact de l’homme, lorsqu’une relation est tissée, l’environnement de l’animal se complexifie car il intègre les conflits et ressentis humains. Les angoisses, les carences, les blessures, les émotions de l’homme en général, qu’elles soient exprimées de manière expansive ou au contraire refoulées, deviennent partie intégrante de l’environnement de l’animal familier ; le phénomène de déplacement peut alors opérer, augmentant les facteurs de risques de somatisation de l’animal. S’ajoute à ça, tous les non-respects, par les maîtres, des critères propres à la nature de l’animal. 

Une histoire de sensibilité

Il serait exagéré de considérer toutes les maladies de nos animaux comme des déplacements des troubles de l’homme à l’animal. Cependant, il est bon d’être vigilant lorsque la maladie dénote une « bizarrerie » telles que des récidives, ou une précocité pour l’âge de l’animal, ou encore une allure exceptionnelle de la maladie pour le règne animal, etc… Ces particularités orientent la recherche des causes de la maladie de l’animal dans l’environnement humain. Tous les animaux familiers ne somatisent pas les troubles de leur maître. Néanmoins la sensibilité de l’animal et un environnement favorable à une grande proximité, prédisposent aux déplacements des maux de l’homme à son animal.

 

regard de chienSouvent, l’attitude de l’humain face à la maladie de l’animal est, pour tenter de le soigner, de se concentrer sur les symptômes en les isolant de leur environnement. Or pour l’animal tout comme pour l’homme, il est nécessaire de considérer l’histoire de l’individu afin de remédier durablement à ses symptômes. L’environnement de l’animal, la relation des maîtres à cet animal, les ressentis de la famille, sont à prendre en considération pour une prise en charge optimale des maux et maladies. Il est important de ne négliger aucune des deux polarités : animale et humaine. Pour se faire, il est nécessaire de recevoir et de percevoir le maître dans ses croyances, ses peurs, ses projections, ses émotions ; et l’animal, en plus de ses symptômes et messages corporels, dans ses besoins, ses codes de comportement et ses modes de communication relatifs à son espèce.

Le comportementaliste :  à l’écoute du maître et de son chien

Sont justement apparus depuis plusieurs années des professionnels spécialistes de la relation de l’homme à l’animal familier. Ces conseillers en relations inter-spécifiques sont les comportementalistes animaliers ; ils appréhendent les comportements de l’animal de manière systémique, c’est-à-dire en analysant le sujet dans sa globalité, en prenant en considération les maîtres et l’environnement. Un environnement frustrant, au vu des critères éthologiques d’un animal, peut conduire ce dernier à développer des maladies et des comportements adaptatifs indésirables pour l’homme et pour l’animal lui-même. Agir sur l’environnement profite alors à une réadaptation des comportements et symptômes de l’animal. C’est justement ce en quoi consiste l’intervention du comportementaliste animalier, son domaine de travail est la cause et non la conséquence. 

Pour autant, le comportementaliste n’est pas un concurrent du vétérinaire, il n’a pas les mêmes connaissances. Tout comme le psychologue ne peut réparer une jambe cassée, un comportementaliste ne peut en aucun cas se substituer au vétérinaire quand une intervention médicale est nécessaire à la santé de l’animal. L’activité du comportementaliste est complémentaire à la pratique de la médecine vétérinaire. Exactement comme il peut être utile à l’être humain, en plus d’être suivi médicalement, de se tourner vers un professionnel capable de s’occuper de l’origine psychosomatique de sa maladie, il peut être bénéfique à l’animal familier de recevoir, en plus des soins apportés par un vétérinaire, le regard d’un comportementaliste, afin que ses symptômes soient pris en charge de manière optimale grâce à l’apport de deux approches différentes et complémentaires. 

Les vétérinaires sont les seuls professionnels compétents et autorisés pour traiter descomment aider votre chien ? affections somatiques. Le comportementaliste pourra, lui, être consulté plus tard, une fois l’urgence maîtrisée et le diagnostic du vétérinaire posé. Tout est histoire de complémentarité. Une intervention du vétérinaire pour la prise en charge de la somatisation, et une intervention du comportementaliste pour la prise en charge de la relation homme-animal, permettent une double approche du symptôme, et apportent donc l’efficacité de la complémentarité des disciplines.

Quand les maux traduisent le mal-être 

Il existe des maladies, chez l’animal comme chez l’homme, dont on reconnaît volontiers l’origine psychosomatique. Ce sont les ulcères, les problèmes de peau, ou plus précisément chez l’animal, l’alopécie, les lactations nerveuses, etc… Ces conversions somatiques se caractérisent par leur permanence ou leur récurrence. Les vétérinaires ne parviennent pas toujours à les soigner, ou du moins pas de manière durable, du fait de l’origine psychique de ces troubles. Cela peut être alors l’occasion de faire appel à un comportementaliste dont les diverses techniques sont applicables à ces symptômes. Ces techniques sont basées sur l’élaboration d’un diagnostic précis et sur la mise en œuvre de moyens adaptés à chaque cas. La consultation d’un vétérinaire reste néanmoins incontournable, car encore une fois, tout est affaire de complémentarité.

 

Le comportementaliste sait qu’un même symptôme n’est pas automatiquement leComment comprendre le mal-être de votre chien ? produit d’un même dysfonctionnement, les solutions toutes faites n’existent pas. L’origine de la somatisation peut être de l’angoisse ou de l’anxiété, des peurs ou des phobies, mais aussi des déplacements névrotiques des maîtres, des désordres relationnels, sociaux, ou tous non-respect des critères canins/félins/équins.

 

Une fois l’origine du symptôme trouvée, le comportementaliste met en place des mécanismes d’apprentissage, des thérapies qui réorganisent le tissu social inadapté à l’animal et qui apportent une réponse comportementale et physiologique satisfaisante. Le comportementaliste animalier, en permettant la réadaptation de l’environnement aux besoins de l’animal familier, induit des changements de comportements de l’animal mais aussi, indirectement, une amélioration de sa santé (telles que par exemple une amélioration de la tension, ou du rythme cardiaque, ou encore de l’activité du système immunitaire, etc.).

Conclusion

L’animal qui s’adapte à une relation qui ne lui convient pas, développe comportements adaptatifs et maladies, il convient donc de s’occuper non pas du chien ou du chat, mais du problème contextuel à l’origine des symptômes. En s’occupant du maître et de ses inductions inhérentes à ses comportements, ses croyances et ses émotions, on replace l’animal sur le chemin de l’harmonie. La nature adaptative de l’animal permet à celui-ci de réagir aux changements, de changer en même temps que son environnement. Le comportementaliste, en guidant les maîtres dans des changements appropriés aux besoins et critères de leurs animaux, agit sur l’équilibre de l’animal et donc par conséquent sur ses comportements et sa santé

© Audrey Marquet – Comportementaliste – Exerce sur Nantes et sa région

Site Internethttp://www.comportementaliste-nantes.com

9 plusieurs commentaires

  1. Merci pour cet écrit, et j’en suis intimement convaincue

  2. Bonjour Stéphanie, c’est le côté positif d’internet de pouvoir communiquer alors que nous si éloignés :). La maladie de votre chienne est une chose, et votre culpabilité n’a pas lieu d’être comme vous l’a si bien expliqué Audrey. Néanmoins, je vous encourage à vous interroger sur cette dépendance affective :). Bonne continuation et pensées amicales de France :)

  3. Merci du fond du cœur à vous deux d avoir pris le temps de me répondre. Une très grande distance nous sépare ( j habite à une heure de Montréal, au Québec)
    Je sais que j avais un problème de dépendance avec ma chienne et que, par le fait même, je créais une dépendance de son côté aussi. Elle était vraiment comme mon enfant à mes yeux.
    J ai lu le lien que vous m avez donné et je suis sans mot! Ça ressemble beaucoup à ce qu elle avait. Vous n avez même pas idée à quel point vous venez de m enlever un poids terrible qui pesait sur moi. Ça me touche énormément.
    Merci, merci mille fois pour vos encouragements.
    Stéphanie

  4. Bonjour Stéphanie,
    Tout d’abord, une chose essentielle : vous avez fait et vécu du mieux que vous le pouviez, au meilleur de vos possibilités, selon votre environnement, expérience, vécu. Vous avez agi à chaque instant avec votre chienne de la meilleure façon qu’il vous était possible d’agir. Même si aujourd’hui vous avez la sagesse de vous poser des questions quand à l’impact de votre relation sur la santé de votre chienne, vous ne pouviez à l’époque pas vivre autrement et avez offert à votre chienne ce que vous étiez en mesure de lui offrir.
    Maintenant, si aujourd’hui vous souhaitez rentrer dans une démarche vous permettant d’obtenir plus de compréhension ou même une évolution quand à votre relation à vos animaux, c’est tout à fait louable. Je rejoins Isabelle, votre chienne vous a laissé le cadeau d’une ouverture quand à la perception que l’on peut avoir de nos animaux et alors la relation que l’on tisse avec eux. Effectivement, si cela est votre souhait, des professionnels peuvent parfois nous aider dans cette perception et alors nous guider dans une évolution.
    En tous cas, il n’y a jamais de coupable a chercher dans l’origine des maladies, vous avez fait au mieux avec votre chienne et vos questions d’aujourd’hui montrent votre bienveillance, votre sensibilité et vos capacités d’ouverture. Tous les chiens n’ont pas la chance d’avoir eu de tels maîtres…
    Bien à vous.
    Audrey

  5. Bonjour Stéphanie, j’ai envoyé un petit mot à Audrey pour la prévenir. En tout état de cause, comme vous le savez peut-être la race du Bouvier bernois est très fragile et touchée par une maladie génétique : http://le-bouvier-bernois.com/histiocytose.htm

    Très sincèrement je ne pense pas qu’une période de deux ou trois mois où vous étiez mal et que votre chienne l’ait ressenti ait pu suffire pour déclencher une maladie mortelle. Vous soulevez un point important qui est la dépendance affective. Je vous encourage à travailler sur ce point avec un professionnel, surtout si vous envisagez dans l’avenir l’adoption d’un autre chien. Il faut savoir que toute forme de dépendance est difficile à vivre, surtout pour un animal. Libérez-vous de ce qui vous empêche de vivre normalement et vous verrez qu’une relation avec un chien peut être tout autre :). Bon courage à vous.

  6. Bonjour, j ai vécu la plus belle relation avec ma chienne, un Bouvier Bernois. Pendant plusieurs années je vivais seule avec elle. Le climat était donc pratiquement toujours calme. Ma chienne était tout pour moi et elle est décédée il y a trois semaines. Depuis un an environ j habite avec mon copain et nous avons eu une période plus difficile et janvier et février. Ma chienne me voyait alors souvent pleurer et en colère et elle était très près de moi et très colleuse lorsque j avais de la peine. En fin mars elle est tombée malade et la vétérinaire soupçonne une pancréatite, qui n a cependant jamais été 100% confirmée. Elle a fait presque 7 mois par la suite avec des médicaments. Certaines journées étaient bonnes, d autres moins. Dernièrement, lors de sa prise de sang, ses globules rouges et plaquettes n étaient pas beaux et le pire qui devait arriver, arriva.
    J ai la plus grande des peines en ce moment et je cherche à comprendre et me culpabilise énormément. Une éleveuse nous a dit que les bouviers bernois est une race très sensible et qui se rapproche le plus aux sentiments de l être humain. Je me demande si elle est tombée malade comme ça à cause de nos disputes. J ai tellement peur de l avoir perdue par ma faute. Elle me manque terriblement et j aurais tout donné pour l avoir encore à mes côtés. Elle est comme ma fille, ma meilleure amie, ma confidente. Je sais que ce n est probablement pas sain… Mais je l aime tant. J espère que vous pourrez me guider et m expliquer d avantage sur les possibilités que j aie provoqué sa maladie. J ai tellement de peine. Merci d avoir pris le temps de me lire. Et merci pour votre article.
    Stéphanie

  7. Merci pour ces gentils commentaires, je suis heureuse d’avoir pu partager cette réflexion avec vous, et que cela vous ait intéressées.

  8. Merci Aude pour Audrey :). Effectivement cet article interpelle même aussi, et peut aider à se remettre en question quelquefois :)

  9. Merci beaucoup pour cet article que je trouve très intéressant.

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